• 8 novembre - 11:01

La zonzon c'est trop bon

Il y a 30 ans Georges Brassens, le premier punk à moustache dixit Les Inrocks, cassait sa pipe. Depuis quelques années a été créé Le Prix Georges Brassens qui récompense un nouveau roman dont le fond et la forme sont proches de l’univers de Georges Brassens, à savoir la liberté de ton, l'impertinence et l'amour du verbe. Le roman cuvée Georges Brassens doit être un roman populaire et accessible. La zonzon d'Alain Guyard a décroché la timbale 2011. Tout est là et plus encore : la liberté de ton, l'impertinence et l'amour du verbe qui n'est pas sans rappeler les dialogues de Michel Audiard tendance Tontons Flingueurs ou l'univers de Richard Brautigan époque Un Privé à Babylone. L'auteur, Alain Guyard, a passé 20 ans de sa vie à enseigner la philo aux lycéens (heureux lycéens !) et depuis 2005, il sillonne les prisons et parle d'amour, d'amitié, etc. à des lascars, à des pieds nickelés, à des oubliés, à des paumés, à des privés de libertés... Le style Guyard est excessivement vivant, terriblement flamboyant, où l'humour, à chaque coin de page est toujours présent. Une foultitude de personnages traverse La zonzon et tous, vous les imaginez, vous les entendez, vous sentez leur souffle et en cela, ce livre est absolument cinématographique. Plonger dans La zonzon, c'est prendre le risque de se manger jusqu'au bout ce roman de 286 pages, d'une traite jubilatoire, car si brûlant, si brillant. Vous souriez aux boulettes, aux hésitations, aux peurs du personnage principal, l'alter ego de Guyard, Lazare Vilain, à la dégaine de marlou qui n'a ni des chemises blanches échancrées, ni les cheveux mi-longs, ni les mains fines mais tatouées.

Pour finir, pour le plaisir des mots, un échantillon de l'auto-portrait de Guyard-Vilain : "(...) Ils ne me trouvent guère "philosophe". Même, un jour, un cave, comme ça, avant une conférence, est venu vers moi, tortillonnant des hémorroïdes, et m'a dit, vaguement compassé et dédaigneux, en me biglant comme une tubard étudie l'huître qu'il vient de glaviotter dans son mouchoir : - Ah ! mais je ne savais pas que les philosophes étaient tatoués. Je les emmerde tous et leur pisse à la raie, ces branlotins du ciboulot.(...)". Si vous êtes en manque de vocabulaire, offrez vous un cours de rattrapage avec Guyard et sinon, c'est bientôt Noël et sa farandole de cadeaux. Et pensez à La Zonzon, on vous remerciera ! Et pas qu'un peu ! Bientôt un 2ème roman de Guyard ? Bientôt une adaptation au cinéma avec Leila Bekhti dans le rôle de Leila ?...

La zonzon d'Alain Guyard, Le Dilettante , 20 euros

La zonzon Alain Guyard Le Dilettante