• 7 juillet - 12:05
  • Ecrit par Eve Zuckerman

Lire, c'est hype RDV chez Carmen pour le Book Club

Si je vous dis club lecture, vous vous imaginez peut-être une table ronde de huit petits vieux qui débattent de la signification de la robe de Mme Bovary p.48 (bleu marinos) un mercredi après-midi. Détrompez-vous ! Au Carmen dans le 9ème, Rosa Rankin-Gee et Jethro Turner, deux Anglais expatriés, réinventent le concept du club de bouquineurs pour en faire une soirée hype et littéraire.

Le Book Club est né dans l'espoir de réunir de jeunes talents, mais aussi d'aider à financer A Tale of Three Cities, une nouvelle revue littéraire. Co-fondé par Rosa et attendu pour septembre, le magazine aura la particularité d'être basé simultanément à Paris, Londres et Berlin.

Dans un bar parisien crée en 1875 (Georges Bizet y a écrit une partie de son célèbre opéra du même nom), des jeunes et quelques moins jeunes se réunissent chaque mois pour boire, danser et échanger des livres. Venus de New York, Los Angeles, Dublin, Londres, Rome ou tout simplement Paris, ils pénètrent l'atmosphère feutrée du Carmen à la déco issue d'un conte de fée et au jazz chaleureux pour faire connaissance avec d'autres jeunes artistes cosmopolites et de nouveaux auteurs.

Un livre dans une main et un verre dans l'autre (si les livres échangés ne coûtent rien, les consos, elles, ne sont pas gratuites !), on peut s'asseoir à une petite table près des musiciens ou bien sur un canapé dans l'une des alcôves cachées par les lourds rideaux, illuminés à la lueur des bougies.

Et c'est là que la magie s'opère : simple prétexte ou folle passion, les livres permettent d'aborder facilement n'importe qui dans la salle, échanger, découvrir... et peaufiner son anglais. En effet, Rosa et Jethro estiment qu'il y a moitié d'anglophones, moitié de francophones, mais on rencontre aussi des Italiens, des Allemands, ou encore des Portugais. De même pour les livres, qui sont eux aussi accueillis dans toute la diversité de leurs origines.

C'est ainsi que je rencontre Rachel, stagiaire au New York Times et Saskya, journaliste à CNN. Elles ont amené The Rum Diary de Hunter S. Thompson et Exit Ghost, de Philip Roth. Camille, de la banlieue parisienne, échange Paradis Perdu par John Milton (en français) contre Le Pianiste par Wladyslaw Szpilman, que lui propose Antoine, parisien. Charlotte et Aurélien, aussi de Paris, sont tombés par hasard sur le Book Club en sortant de la soirée Grazia. Ils n'ont pas apporté de livres, mais c'est autre avantage de ces soirées : rien n'est strict. J'ai vu quelqu'un en tongs et pantacourt, peut-être un touriste égaré. En tout cas, il ne s'est pas fait jeter par le videur, inexistant par ailleurs. Il y avait même un homme en chemise à carreaux façon bûcheron (Hugo avait raison !).

Mais tandis que la nuit avance, les livres disparaissent et les tables sont repoussées vers les murs. Un DJ remplace les trois musiciens et la danse remplace la lecture. Pour Rosa, c'est justement ce mélange d'ambiance boite de nuit et de passionnés littéraires et artistiques qui contribue au succès de ces soirées, ouvertes à tous.

Alors qu'on pourrait être repoussé par l'aspect trompeur de soirée hipster privée, le Book Club cherche au contraire à accueillir les jeunes écrivains, artistes ou curieux, attirés par une sortie culture pas comme les autres.

Cet article est signé Eve Zuckerman, journaliste lycéenne, ex-rédactrice en chef de L'Inébranlable , un journal lycéen. Eve nous donne RDV à la rentrée avec des articles où elle nous contera ses nouvelles aventures d'étudiante à Chicago. Bientôt ici même, de nouveaux articles de lycéens...

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